Paris-Perpignan par le train de nuit

Qu’il était grand le jardin de ma grand-mère !

Derrière la maison, après le poulailler, une allée centrale, des melons, des aubergines, des tomates, un cerisier et au fond : un puits. Comme un podium de béton, rond, lieu de rendez-vous de mes amours d’enfance. Un portillon, toujours ouvert sur un petit pont qui enjambe le ruisseau. Elle apparaît, petite brune aux longs cheveux, regard espiègle du haut de ses dix ans. Je n’en ai pas beaucoup plus. Il fait encore jour. On a bâclé le dîner chacun chez soi. On se retrouve, l’émotion est partagée. On esquisse un baiser maladroit. Elle sourit, moi aussi. Elle se jette dans mes bras. Un moment de bonheur. Nous sommes invulnérables. Les cloches de l’église se mettent à sonner. On compte ensemble à pleine voix. Il est neuf heures. Il faut rentrer. Dommage. On se verra demain.

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